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Canal Volfield
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Universe Freak 1 : SRX-380 Empty Universe Freak 1 : SRX-380

Mer 13 Juil 2022 - 14:42
je vous propose ici de découvrir la saga Universe Freak écrite part votre serviteur. J’espère qu'il vous plaira et j’attends vos critiques etc... n’hésitè pas à posé des questions, si je peut répondre sans spoil ce sera avec plaisir.
Chapitre 2 la semaine prochaine.

Universe Freak 1 : SRX-380 Produc11

Universe Freak 1 : SRX-380

Prologue


Le Soleil atteignit des températures si chaudes — cent-millions de degrés —, qu’il se dilata au point d’engloutir la Terre, dévorant au passage Mercure et Vénus. Il se transforma premièrement en une géante rouge, puis en naine blanche. Le vide sidéral s’étendait aujourd’hui jusqu’à Titan. Titan devint une colonie pendant plusieurs décennies. L’humanité développa de nouvelles technologies destinées à la navigation interstellaire. L’aboutissement de leurs recherches eut pour corolaire l’abandon du système solaire. Cette zone de la galaxie, ancien berceau des civilisations terriennes, se retrouve à présent désertée de toute vie.

Au début du XXIe siècle, les observations réalisées par l’équipe d’HAARP — un instrument conçu comme un spectrographe chasseur d’astres — indiquaient qu’approximativement, 40 % de toutes les naines rouges disposaient d’une « superterre » en orbite dans leur région habitable, là où l’eau liquide peut exister à la surface de la planète. On dénombrait à l’époque 160 milliards de naines rouges dans la Voie lactée, conduisant à l’étonnant résultat, de la présence de dizaines de milliards de corps célestes de ce type, rien que dans notre galaxie. Conscient des risques de surpopulation, de désastres écologiques, de dégénérescences génétiques, ou de dépendances à la technologie, l’homo sapiens s’orienta vers la colonisation de systèmes solaires inconnus.

Nous évoluons, à présent, en 9967 S.O. — (après) Système d’origine — dans un autre monde planétaire… Les descendants des terriens, les Terraniens — nom choisi en mémoire de leurs ancêtres — prospèrent dans leur nouvel espace stellaire.

* * *


Au cours de leurs voyages, les spationautes découvrirent de Nouveaux Mondes et classifièrent un grand nombre d’espèces douées de raison ou pas. Des inimitiés virent le jour, des alliances aussi.
La nécessité, de parfaire l’existence des races intelligentes, mais également la rémanence des fléaux naturels, imposait de rechercher en permanence des réponses et des solutions. La quête du savoir constituait le socle commun d’entente. Les Terraniens, en accord avec leurs partenaires, conduisirent des explorations systématiques.

Aujourd’hui, la liste, des quantas toujours non inventoriés, se réduit ; dans un même temps, les besoins demeurent importants. Les Terraniens se résignent à prospecter des planètes répertoriées, mais classées dans la catégorie à éviter. Elles s’affichent comme riches en faunes et en flores. Leur histoire particulièrement sensible pour des ethnies spécifiques empêchait, jusqu’à présent, les missions d’investigations. Un corps céleste, en particulier, perdure inexploré. Son statut implicite le catalogue comme interdit. A la périphérie de cette terre, nous devrions écrire de ce sanctuaire, orbite une infinité de légendes, de rumeurs, souvent terrifiantes, rarement empreintes de bienveillance.

Ce nouvel objectif dépend territorialement d’une race alliée, les Slays. Ils viennent d’accorder leur aval. Les Terraniens prospecteront, avec respect, SRX-380. Ce nom énigmatique cache la seconde planète du système solaire Lapis. Les Slays, depuis toujours, se refusent d’en fouler le sol, par superstition. L’octroi d’une autorisation s’avère aussi inattendu qu’inespéré.

Les Slays, depuis plusieurs dizaines d’années, suivent comme une règle impérieuse l’interdiction de se rendre sur place. En effet par le passé, cette terre, estimée comme un monde sacré, se retrouva souvent menacée… Toutefois, à ce jour l’astre demeure, vierge de toute intrusion extérieure.
Pour la première fois, une première mission part en reconnaissance.

L’Alliance nourrit une sombre inquiétude, depuis une semaine, le spationef Cook, chargé d’inventorier SRX-380, ne répond plus aux messages radio. Son commandant Marc Dave et son équipage, dont six membres hautement qualifiés, s’inscrivent à présent dans la funeste catégorie du personnel porté disparu.

* * *

L’amiral Éric Daniel York barre le vaisseau d’exploration Burma. L’astronef transporte une mission de sauvetage. Dix spécialistes en expéditions distantes accompagnent l’officier supérieur.

Ces hommes et ces femmes s’adaptent à toutes les circonstances, même les occurrences extrêmement improbables. Cette aptitude précieuse et indispensable révèle toute son utilité, lors des rencontres, avec des formes de vie indigènes inusuelles.
L’absence de communications radio oblige l’amiral York et son unité à se rendre rapidement sur SRX-380. La mission de secours, provoquée par ce silence, s’avère essentielle pour l’Alliance. Leur objectif principal consiste à retrouver l’équipage et les explorateurs ; accessoirement, ils collecteront un maximum d’informations et d’échantillons sur la faune et la flore de la planète.

Chapitre 1
À la recherche des disparus


L’amiral York se campe sur la passerelle principale, rigide, à l’instar du Dratanide. Ce métal concourt majoritairement à la fabrication des coques des astronefs.
Ce central opérationnel se réplique à tribord, et à bâbord, par deux compartiments adjacents de moindre superficie. Ils disposent d’équipements analogues. Des sas de confinement séparent chaque salle. Ils restent en permanence ouverts et se referment automatiquement en cas de dépressurisation.

Ces postes de navigation auxiliaire — PNA — remplissent les mêmes fonctions que la passerelle principale. Ils s’utilisent pour les manœuvres délicates, essentiellement dans les chantiers spatiaux ou en cas d’avaries. Les différents terminaux s’adossent aux parois, des sièges ergonomiques adoptent la forme la plus confortable possible afin d’assurer un bienêtre optimal aux usagers. Un observateur averti remarquerait que les écrans s’animent sans aucune intervention humaine. La passerelle principale prend automatiquement l’ascendant sur les dispositifs des PNA.
Un technicien, étendu sur le sol, parait à moitié aspiré par une gueule béante, née d’un panneau déposé, afin de permettre l’accès au cœur de la console. L’électronicien s’affaire entre les boyaux électriques qui irriguent les organes de commande de la bête. Il mobilise toutes ses forces, et donne par instant, la sensation de lutter contre un adversaire invisible ! Il s’arcboute sur ses jambes, en un ultime effort, et cherche à s’échapper de l’étreinte de l’animal ; il arrive à le dominer en raccordant deux connecteurs de rechanges.

Cet électrotechnicien appartient à ce peuple des fourmis indispensables à la maintenance du spationef. Ses taches modestes se noient dans la masse des travaux secondaires, mais cruciaux au fonctionnement optimal du navire. L’homme absorbé par son labeur ne voit pas Célina le sauter machinalement pour s’avancer vers l’entrée d’un des sas.



Comme à son habitude, York observe au travers d’un hublot, en Transpacier, les trainées lumineuses produites par la vitesse de l’astronef. Un bruit furtif l’incite à tourner la tête. La passerelle centrale parait déserte. Debout devant un accès, revenant du gymnase, Célina R. Ling, dont le visage luit de sueur, tente de dissimuler son malaise par un sourire emprunté. Elle regrette d’avoir surpris l’amiral ou d’avoir interrompu sa rêverie. Elle mesure pertinemment que l’officier ressent la nécessité de s’évader cycliquement afin de se soulager de son quotidien, exagérément prenant.

Vingt pas derrière eux, une dizaine d’explorateurs, casqués, sanglés et impassibles attendent les ordres. Les spatiandres brillent faiblement sous les néons bleutés de la coursive.

Le Burma navigue à présent à cinq kilomètres à la seconde et décélère. Dix minutes s’égrènent et SRX-380 émerge devant le navire. Ceux qui découvrent cette planète l’apprécient comme une sphère émeraude.

Le vaisseau évolue, maintenant à la vitesse de 1 925 km/s, en suivant une orbite héliocentrique.
L’astre n’abrite aucune civilisation, tout au moins d’après les dispositifs de balayage du Burma. La faune se révèle extrêmement primaire, du moins en apparence. Ce quantum tourne sur lui-même en vingt-six heures et supporte un climat tropical. Ce monde offre de gigantesques forêts, mais aucun océan, seulement une poignée de lacs clairsemés, alimentés par de maigres rivières qui s’écoulent des hauteurs enneigées.

Plongé dans ses pensées lugubres, York abandonne la plateforme de commandement au chef de quart et traverse toute la longueur du corridor, sans porter attention aux membres de son équipe. Les techniciens absorbés par leurs tâches journalières s’effacent, machinalement, sur son passage.
La vision holographique de SRX-380, observée auparavant, obsède l’amiral. L’aspect de la planète lui rappelle la disparition de Félia, un être très cher pour lui.

L’officier supérieur se dirige mécaniquement vers sa cabine. Il aspire à s’isoler dix minutes avant l’atterrissage prévu pour ce matin, à 900 — neuf heures zéro minute.

Les parois métalliques argentées, des coursives désertes, brillent sous l’effet des diffuseurs de lumière. Les couloirs, mystérieusement, restent plongés dans une pénombre modérée.


York dispose d’une liberté de trois heures, pour se détendre, avant que le vaisseau amorce sa descente. L’amiral pose sa main sur le récepteur qui commande l’ouverture du sas. Il coulisse et dévoile l’intérieur des quartiers de l’officier. L’homme s’avance vers le hublot et son regard croise à nouveau les délinéaments de la planète verte. Elle continue à émerger du noir sidéral. Il soupire. Une lassitude intense le submerge à l’orée de son ultime mission ; doubler ce cap lui donnera le droit à une retraite, bien méritée.

Il a consacré cinquante ans de sa vie à l’exploration spatiale. D’aucuns l’estiment comme un des meilleurs dans son domaine.

Confortablement avachi dans son fauteuil, un verre de boisson énergisante à la main, l’officier se remémore les évènements extraordinaires observés et sa chance insolente qui lui permirent de se trouver là où des phénomènes insolites survenaient.

Ces voyages riment avec aventures et avec rencontres agréables en d’exceptionnelles occasions, mais aussi, fréquemment, avec surprises déplaisantes. York se souvient de chaque visage, de chaque silhouette des femmes et des hommes disparus lors de ces missions. Il revoit les corps de ses compagnons, livrés à l’espace, rejoindre l’infini, comme l’exige la tradition.
York demeure l’un des rares spationautes expérimentés, toujours fascinés, par le vide sidéral ; il en apprécie sa pureté et son dépouillement. Pour la plupart des gens, l’univers apparait sombre et inquiétant et inspire répulsion, folie et désintérêt. Bien évidemment, l’officier réalise que d’innombrables quantas emplissent l’immensité céleste.

Un frisson parcourt l’échine de l’amiral et finit par l’envahir totalement. Il se sent submergé de terreur confrontée à ce monde inconnu, vraisemblablement à cause des légendes transmises par les Slays. Il contient, grâce à son extraordinaire volonté, cette peur irraisonnée. Son effroi provient probablement de la disparition de sa femme et non du caractère mystique de la planète. York contrôle sa frayeur et s’assoupit, terrassé de douleurs.

Dans un autre secteur du navire, les explorateurs se réunissent dans un compartiment vitré pour échanger leurs anecdotes et surtout pour se détendre en jouissant d’un environnement serein.
Tous les vaisseaux terraniens disposent d’un local conçu comme une serre afin d’offrir un havre de paix aux marins des étoiles. Ils se relaxent, là, au milieu des cultures hydroponiques. Les trop rares moments de relâchement, lors des missions, s’avèrent toujours les bienvenus, leurs métiers les obligent à rester perpétuellement sur le qui-vive.

L’équipage, parlons-en, deux factions complémentaires cohabitent. D’une part, les spécialistes. Nous trouvons Jo, un militaire chargé de la logistique ; Gilbert, un archéologue premier traducteur émérite des écrits slays ; Jonas, un biologiste ; Marie-Ange Risariku, surnommée M.A., dans l’intimité, benjamine de l’équipe, avec seulement vingt ans et diplômée en sciences extraterrestres. Six soldats-polytechniciens et un médecin complètent les effectifs. Ces experts se connaissent parfaitement bien. Ensemble, ils avaient déjà exploré trois astres.
D’autre part, un personnel polyvalent. Il compose l’équipage règlementaire du vaisseau, chargé de la navigation, du soutien et des secours.

Soudain, Marie-Ange rompt le silence assourdissant de la serre.
— Jonas, quelque chose ne va pas avec York ?
— M.A., il a perdu Félia, sur une planète étrangement identique à celle où nous nous rendons.
— Je l’ignorais, répond la jeune femme embarrassée.
— J’admets qu’il se montre rarement loquace sur son passé, précise Jonas.
— C’est un solitaire ?
— Non, M.A.. Il reste juste discret.
— Tu omets de prendre en compte son obstination, intervient Gilbert, un défaut que j’apprécie beaucoup chez lui. Il se révèle veinard aussi…
— Je ne crois pas en la chance, proclame M.A.. Je me fie exclusivement aux faits, comme tout vrai scientifique.
— Comment expliques-tu, toutes les fois où il se tire de situations désespérées ? Ricane Jo.
— Extrêmement simple. Il a de la chance, voilà un fait, et ce n’est pas un scientifique ! Pour info, ma montre indique neuf heures, répond la jeune femme.

Elle quitte la serre sous les regards amusés de ses compagnons. Ils se lèvent et se dirigent vers la sortie du vaisseau.
L’astronef se posera dans une poignée de minutes. L’équipe vérifie, une ultime fois, les équipements avec une minutie redoublée. Le paquetage de base se compose d’une balise de détresse, d’un émetteur-récepteur, d’un viseur infrarouge, d’un grappin, d’un paralyseur et de couteaux et de trousses différentes de survie. Ces matériels, manufacturés avec soins et d’une grande fiabilité, nécessitent un contrôle rigoureux avant chaque mission. Ils complètent les spatiandres d’exploration indispensables aux excursions sur des quantums inconnus.

Une lumière orange envahit le sas d’extraction. Ce dernier, inhabituellement vaste, permet simultanément de recevoir des véhicules et du fret volumineux. Il dispose, également d’une zone équipée de sièges organisés en cercle. Les navigants s’y installent et s’y sanglent durant les phases d’arrivée au sol ou de décollage.

Les explorateurs prennent place. L’amiral York les rejoint, suivi de Célina.
Au même moment, le navire pénètre dans l’atmosphère de la planète verte. Les compensateurs inertiels endiguent automatiquement les turbulences. Deux-ponts au-dessus, à travers les hublots, une douzaine d’admirateurs observent la couleur orangée émise par la coque, sous l’effet de la friction de l’air. Le vaisseau descend et rallie la clairière bord à bord avec le Cook. Un jet de gaz accompagne la sortie des trains d’atterrissage et les vrombissements des moteurs. Le Burma s’immobilise, soulevant un nuage de poussière. La faune locale détale dans les bois, les oiseaux s’égayent dans le bleu des cieux.

L’équipe franchit la porte automatique qui dessert directement l’extérieur.
Un rouge orangé, identique à un coucher de soleil, colore l’horizon. Le sol, de consistance spongieuse, parait encore humide de rosée. Les arbres circonvoisins évoquent des amas de branches difformes. Un lichen jaune et épais recouvre les troncs. La forêt proche, guère engageante, ne ressemble pas à l’image suggérée par les clichés satellites fournis lors de la préparation de la mission.
Les données recueillies par les capteurs, intégrés aux spatiandres, indiquent un air respirable. La température frise les trente degrés. L’équipe d’exploration conserve les casques. La procédure exige de vérifier l’absence de gaz nocifs et insidieux sur le site d’atterrissage ; une réponse positive permettra de les retirer.

À trois-cents mètres d’eux, face au groupe, le Cook git intact. Son sas ouvert. L’amiral York ordonne d’inspecter, en priorité, l’intérieur du spacionef. Optimiste, il espère trouver d’éventuels survivants. L’exploration des parages deviendrait de ce fait inutile.
Une fois à l’intérieur du Cook, Joe branche son radar thermique. Il ne détecte aucune source de chaleur, si l’on excepte les néons et les ampoules disposés tout au long des cheminements déserts. Aucun signe de vie n’anime le navire.

À bord, l’éclairage de secours, seul, fonctionne, il confère au bâtiment une allure de vaisseau fantôme, et donne une ampleur irréelle aux ombres. Le soleil levant commence à diffuser ses rayons au travers des hublots. Les coursives gagnent progressivement en clarté naturelle.
En compagnie de deux militaires, York, Jonas et Jo, suivis de loin par le reste de l’équipe, s’avancent prudemment jusqu’à la passerelle principale. Celle-ci, organisée en arc de cercle, comme celle de tous les croiseurs légers nouveaux modèles, se révèle intacte. En l’absence de toute trace de lutte ou de tirs, les premières apparences indiquent que l’équipage abandonna le bâtiment, de son plein gré.

Célina, Marie-Ange et quatre hommes rejoignent l’officier supérieur et son détachement. Ils échangent leurs trouvailles ou plus exactement leur absence de découverte.
— Votre attention, intervient York. Formons deux groupes. Le premier, sous ma direction, s’assurera que le vaisseau s’avère en état de naviguer ; tandis que le second collationnera les infos des calculateurs de bord. Nous nous retrouverons dans trente minutes devant le sas d’accès.
— Nos communications se relèvent susceptibles d’être écoutées, observe Célina. Je recommande de conserver le silence radio, amiral ?
— La procédure l’exige en effet, approuve York, nous réaliserons le point en sortant. Je conserve trois militaires, Joe et Jonas, qu’il désigne, d’un geste de la main, comme pour renforcer son phrasé ; les autres avec Célina. Allons-y.

M.A., trois soldats, et Célina demeurent dans le poste de pilotage afin de conférer — rassembler — les informations recueillies par les cerveaux biotiques des ordinateurs. Célina s’installe devant une console, et peste contre l’occupant précédent du siège. Elle lui reproche sa négligence et donc sa responsabilité sur la présence d’une matière spongieuse qui recouvre par endroit les équipements.
Le détachement de l’amiral se dirige vers les compartiments cryogéniques. Les radars thermogéniques ne captent, actuellement, aucun signe de vie, en particulier en provenance des quartiers d’habitation. Ils escomptent, par excès d’optimisme, retrouver des rescapés dans les caissons de stases athermiques. Ces équipements de survie constituent leur ultime espoir de localiser les disparus. Découvrir l’équipage éviterait que les sauveteurs se lancent dans de longues recherches au sein de la flore inconnue de l’astre.

À l’aide d’un databloc, Célina récupère les enregistrements et en compagnie de ses compagnons, elle gagne la sortie. À peine à l’extérieur, elle envoie, par la voie de son émetteur, la copie des données.
Les cerveaux bioniques du Burma analyseraient et décoderaient les informations du Cook ; ils transmettraient en temps réel un rapport automatique à l’Alliance. La procédure maintenant éprouvée avait fait ses preuves par le passé.

Arpentant les coursives, le groupe conduit par York découvre une étrange gelée noire, collante et visqueuse. Jonas en prélève un échantillon et ils reprennent leur progression. Une dizaine de minutes s’écoule et ils arrivent devant le compartiment cryogénique. Bizarrement, la porte se révèle grande ouverte.

Cette salle parait avoir affronté un véritable ouragan. Des débris d’ordinateurs, des morceaux de plastique et du métal imparfaitement fondu jonchent le sol. Les capsules d’hibernation apparaissent éventrées et, ici aussi, une gelée ébène souille l’espace.

— Hum… Très anormal. Cette pièce semble la seule dévastée. Je me demande pourquoi.
— Comment veux-tu, Joe, que je réponde à cela, réagit York.
— Je trouve ce silence oppressant, insiste Jonas, nous devrions entendre des bourdonnements ou des grincements issus des divers appareils ou au moins des systèmes électriques.
— OK les gars. Ce qui m’intrigue réside essentiellement dans la présence de ce liquide noir et à l’absence de sang, d’indices ou de mots de l’équipage. Le carnage effectué ici, et le manque de toute trace restent incohérents...
Tout en formulant cette accession, un des militaires secoue la tête en signe d’incompréhension.
York jette un coup d’œil rapide tout autour de lui et déclare :
— Etrange, effectivement.
— Amiral ! Regardez ! crie Jonas. Du doigt, il montre le coin droit de la pièce. Là. Une chose bouge.
Les hommes s’approchent de l’endroit désigné par Jonas, leurs paralyseurs à la main, tout en observant une prudence extrême.
L’inconnu fouille les gravats. Il apparait rond, avec trois tringles, sans articulation visible, qui officient comme des membres. Trois gros yeux, comparables à des balles de pingpong, surmontent un trio de tiges souples. La créature tâte avec un de ses appendices les débris. Elle trébuche à intervalles répétés, offrant au groupe un spectacle comique.
— Yai dore kega-Suzhou… Murmure Jo.
— Ce qui signifie veut savoir York ?
— Les ivrognes ne se cassent jamais rien… Très curieux, le radar thermique reste vide de tout écho…
— Belle image. Tu penses qu’il s’agit d’un robot ? Demande Jonas.
— Je penche pour une autre solution. Son corps émet une énergie froide. Nos détecteurs ne réagissent pas dans cette configuration.
— Peut-être… Elle me parait inoffensive. Abstenons-nous d’initiative malheureuse, intervient York, conscient que la tension peut favoriser les incidents regrettables.
La créature cesse subitement ses investigations et fonce sur Jonas. L’homme surpris recule et trébuche contre une caisse, en poussant un juron. Il se redresse et voit une membre de la chose, bandé vers lui.
— Surtout, restez calme, ne tirez pas ! Lance précipitamment York, mettant la créature en joue par prudence.
L’entité touche Jonas de sa patte centrale. Elle palpe ses bottes et monte vers la jambe droite, continue vers les hanches, jusqu’au torse et retire son appendice en gloussant, visiblement satisfaite.
Soudain, elle disparait dans le couloir.
— J’aimerais bien comprendre… C’est quoi, ce machin ? interroge Jonas.
— Je pense à une sonde ou un biote d’exploration avancé. Je remarque que tu décroches un ticket avec elle, répond York.
— Ne me charrie pas.
— Je considère, Jonas, que nous nous trouvons en présence d’un être vivant, comparable à nous, statue Jo. Elle, disons cette chose, se montre curieuse, comme moi, comme nous. — En attendant, poursuivons nos recherches et rejoignons Célina, ordonne York perplexe.
Le groupe de l’amiral termine sa reconnaissance et regagne l’extérieur. Dès leur sortie, ils observent Célina courir vers eux. Elle relate l’émergence d’une entité ronde et étrange et ponctue son récit de gestes explicatifs.
Cette apparition impromptue heurta un arbre sans ralentir et disparut dans les bois. M.A. en revient, tenant dans sa main gauche une fiole remplie d’une substance couleur cobalt.
— Je pense que ce fluide constitue son sang ; j’ai prélevé cette substance sur le tronc, à l’endroit exact où elle s’est cognée.
— Le sang se révèle bleu… Comme celui des Slays interroge Jo, d’un ton surpris.
— Leur biologie synthétise une protéine qui fixe le cuivre. Nous, notre corps recourt, comme liant, au fer. Il donne une teinte rouge en se combinant avec l’hémoglobine. Conséquence, les liquides organiques des espèces vivantes se parent de couleurs variables en fonction des éléments associés aux substances protéiques, explique Jonas. L’absence de chaleur dégagée par cet animal me semble étrange.

L’amiral York et ses compagnons rejoignent le Burma en silence. Ils utilisent l’ascenseur électromagnétique et débouchent devant le laboratoire afin de transmettre les échantillons aux scientifiques. Ils se dirigent ensuite vers leurs quartiers. Demain, ils partiraient à la recherche de l’équipage disparu.

Dans sa cabine, Éric Daniel York replie et étire ses jambes ; il s’installe aussi confortablement que possible sur l’étroite banquette et contemple ses maquettes.
Ces reproductions miniaturisées, en métal léger, constituaient l’exacte duplication — leur aspect le donnait à penser — de véhicules terriens. Ces engins bizarres évoluaient dans des vidéos sur l’histoire de l’automobile. L’amiral s’endort inconsciemment au volant d’un bolide de rêve.
Tôt le matin, York investit la salle de bains commune, déserte, pour se détendre sous la douche. Soudain, il grommèle contre son manque de discernement et l’oubli de sa tenue de rechange. Pour couronner le tout, le robot chargé de la lessive vient d’emporter le linge sale ! Une seule solution s’offre à lui : sortir nu comme un ver. Voilà le prix à payer pour disposer d’une occasion de reprendre ses vêtements. Cela, en admettant que l’automate évolue toujours dans les parages. Dans le cas inverse, il regagnera sa cabine sans aucun habit.

Il peste, une nouvelle fois, contre lui-même et ouvre discrètement la porte des douches. La chance sourit à l’officier, le garçon d’étage en métal arpente encore la coursive. York réussit, après avoir bataillé avec son adversaire, à récupérer ses affaires. Le robot émet simultanément un son strident, probablement de dépit, et il s’éloigne en trombe.
Une situation embarrassante en dissimulant une autre, York entrevoit M.A.. Elle l’observe avec amusement et réprime difficilement un fou rire. Elle lit, dans le regard gris de York, son étonnement et ne peut se retenir longtemps de glousser.

— Déjà debout ? Articule l’amiral visiblement fort embarrassé. La jeune femme acquiesce.
— Je brule d’impatiente de visiter cette planète. Pas vous ? répond-elle avec assurance.
— Pour moi, il s’agit seulement d’une ultime mission. En revanche, j’avoue ma surprise de vous voir, ici, à cette heure aussi matinale. Je vous laisse, je vais réveiller Jo ! il a un sommeil de plomb. Je filerai ensuite à la cafétéria. À tout à l’heure.
L’officier s’enferme dans la douche, tandis qu’un rire discret filtre.
Un peu plus tard, York toque à la porte de Jo et entre. Il surprend son ami au saut du lit, nu, et visiblement au sommet de sa forme !
— Dis-moi Jo, le matin te fait de l’effet, à moins que cela soit la joie de me voir ? s’exclame York.
Pour réponse, un coussin s’écrase sur son visage. Deux jours auparavant, Jo lui proféra la même remarque salace.
— Je te rejoins Éric, et sors d’ici !
York referme la porte, non sans répliquer « au moins tu ne tomberas pas du lit » ! Un juron émane de la cabine.
Dès son arrivée à la cafétéria, York se cale dans un large fauteuil à mémoire de forme. Le siège se règle instantanément à sa morphologie. Il commande un copieux petit déjeuner au robot de service.

Au même moment, M.A. sort de la salle de bain. Elle regagne ses quartiers et après un rapide rangement, elle saisit son databloc. Elle programme la diffusion sur les hautparleurs d’une valse de Vienne. Elle apprécie cette musique, malgré le grand âge de ces merveilleux morceaux. Ces œuvres conservent, des millénaires après leur création, toute leur beauté. La jeune femme ferme les yeux et laisse vagabonder son esprit.

À 855, elle se dirige vers le sas de sortie. Elle revêt son spatiandre, vérifie ses équipements. À peine a-t-elle terminé que les autres membres de l’équipe arrivent.
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Jeu 21 Juil 2022 - 15:11
Bonjour à toute et à tous, voici le chapitre 2 d'SRX-380, je m'excuse pour le retard, malheureusement je suis restè quelques jours sans internet. Je ne suis pas sur que la connexion tienne de surcroît alors profité en, je vous poste 2 chapitres au cas ou (le 2 et le 3 juste après), bonne lecture :
Chapitre 2


Premiers pas sur SRX-380


Ils s’avancent dans la forêt dense et humide. Nos explorateurs posent leurs pas sur un sentier tracé par le passage coutumier d’animaux. Ce chemin, à l’herbe sèche foulée et couchée au sol, serpente et offre de multiples carrefours. La faune foisonne dans cette contrée ; d’infimes frémissements dans les fougères proches du layon arpenté trahissent sa présence.

Le soleil perce avec difficultés les épaisses voutes feuillues de ces végétaux des climats tropicaux. Une véritable épreuve pour les nerfs. Des bruits furtifs semblent surgir du néant, ils s’estompent dans l’instant. Pour l’instant, aucune empreinte, aucun indice matériel n’attestent d’une occupation humaine.

Les aventuriers s’enfoncent profondément dans les bois. La flore se densifie et offre des myriades de couleurs aux regards des explorateurs. Cette forêt évolue au fur et à mesure de leur marche. Le paysage diffère de celui qui entoure le Cook.

La progression continue inlassablement. Brusquement, l’équipe débouche dans une vaste clairière. En son centre, à l’instar des gratte-ciels épais et massif, des cristaux orange se dressent. Leurs pointes ressemblent à des flèches. Elles s’élèvent vers le firmament, comme pour le transpercer, mais en vain.

Le silence règne ; les animaux se taisent ; seul le vent émet quelque chose de trop furtif pour s’appeler brise.

Jonas s’approche de la forme géologique et brandit un piolet afin de recueillir des échantillons. Les couleurs des minéraux se réfléchissent sur sa visière. Un son strident retentit au moment de l’impact. Le groupe grimace de douleurs, sans le dispositif de régulation auditif de leur casque, ils seraient devenus sourds. Dix secondes passent et les cristaux intacts cessent d’émettre ce signal aigu.
Jonas s’apprête à renouveler l’opération. Gilbert le stoppe net. Il s’accroupit et fouille les herbes à la base du minéral insolite. Cinq longues minutes s’écoulent et il se redresse triomphant, la main gauche tendue. Au creux de sa paume, Jonas distingue un fragment orange aux arêtes acérées d’une taille comparable à la dernière phalange de son auriculaire.

— Puis-je ?
Gilbert hoche la tête en signe d’approbation et Jonas empoigne l’objet entre le pouce et l’index.
— Voilà, une substance curieuse, s’exclame-t-il. Elle se révèle chaude et dure. A première vue, il ne s’agit ni d’une roche ni d’un métal.
— Je m’interroge sur la composition de cette matière, qu’en pensez-vous, questionne Jo ?
— Donne-moi l’éclat, Jonas, que je le passe au spectromètre.
Marie-Ange saisit le fragment pour l’analyser. Cinq minutes plus tard, elle annonce les résultats :
— Le fer domine en grande partie, j’observe qu’il se manifeste en structure non cristalline. Le reste se compose de carbone, d’hydrogène, d’oxygène et d’azote, avec un soupçon de soufre et du phosphore, sans oublier un élément inconnu dans nos bases de données. Ça vous dit quelque chose ?
— Je m’étonne que tu nous poses une pareille question, répond Jonas, cela correspond aux éléments substantifiques de la vie. Ce qui m’interpelle dans cette analyse, c’est que je croyais impossible une association d’un élément du tableau périodique avec la combinaison CHON.
— Nous répertorions des comètes pierreuses et des comètes de type CHON ; certains scientifiques prétendent que ces quantums s’avèreraient susceptibles d’abriter une forme d’existence ; sans en apporter à ce jour de preuve. Les autres composants me semblent très inhabituels, précise Jo.
— Vous supposez que ces cailloux vivent ? intervient M.A..
— Notre imagination permet de tout supposer, ne pensez-vous pas ? Nous avons déjà observé des phénomènes extrêmement bizarres.
Gilbert, tout en prononçant cette assertion, récupère l’échantillon. Il le place dans un contenant isolant et l’enfouit dans une poche de son spatiandre. Il toise d’un air interrogateur ses acolytes, à la recherche de regards approbateurs.
— Moi, je penche pour une expérience scientifique, éventuellement pour un phénomène naturel de constitution de cristaux. Cela n’engage personne sauf moi.
Célina termine juste sa phrase, qu’elle scrute brusquement vers sa droite. Elle pense avoir aperçu une ombre, à l’extrémité de la clairière. Face aux regards surpris de ses acolytes, Célina formule une argumentation sibylline et incite l’équipe à reprendre leur progression, afin d’éluder toute explication qu’elle ne peut ou ne souhaite pas donner.

Quarante minutes de marche, sans incident, au travers de sentiers à peine dessinés émoussent la résistance de nos explorateurs. Ils s’accordent, alors une pause. Jo organise le campement et les tours de garde, avec l’assentiment muet de l’amiral.

La nuit tombe rapidement et avec elle, la chaleur. La température chute pour se stabiliser à deux degrés Celsius au-dessous de zéro. Chaque membre de l’expédition de sauvetage, dans cette configuration climatique, apprécie la fonction isotherme des spatiandres.
Un repas à base de barres énergétiques permet au groupe de se revigorer.
Légèrement à l’écart, près d’un second feu de camp, les soldats évoquent les batailles qui rythmèrent leurs vies d’antan, sur diverses planètes. Ils se narrent avec forces gestuelles leurs épopées passées et revivent leurs combats spatiaux à bord des fantastiques vaisseaux de guerre. Ceux-ci sillonnent l’espace tampon, utilisé comme bouclier destiné à la protection de l’Alliance. Ils échangent leurs histoires, leurs joies, mais aussi leurs peines.

Ils se remémorent, en particulier, cette mission sur HS-9715 et leur première rencontre avec les Slays. Cette espèce les aida à réparer leur astronef. Les Slays intriguèrent beaucoup les militaires, surtout du fait de l’impossibilité de voir leurs crânes.

Les Slays recouvrent leur tête d’une épaisse capuche d’où seules quelques mèches s’extirpent. Ils portent autour du cou des écharpes aux dessins splendides et arborés sur le visage des lignes tatouées esquissées à partir des yeux. Enfin et surtout, les Slays maitrisent les quatre éléments de façon parfaitement singulière.

Une étrange légende circule sur eux, une déesse, située dans un plan d’existence alternatif, pourvoirait à leur survie et à leur pouvoir. D’autres personnes proclament que certains Slays disciplinent l’art de guérir tous les types de blessures ou domestiquent la foudre.

Aujourd’hui, ils se révèlent de précieux coalisés, les Terraniens commercent avec eux. Ils échangent leur savoir médical et militaire. Ensemble, ils appartiennent au clan confidentiel des fondateurs de l’Alliance.

Après le repas et quelques conversations banales, l’équipe se glisse dans les draps isothermiques ; ils se relaieront, toutes les deux heures, pour prendre la veille.
Au matin du deuxième jour, Célina se lève la première et ravive le feu. Elle invite York, qui assure le dernier tour de garde, à rejoindre un couchage de fortune pour se reposer avant le départ. Il acquiesce sans discuter. Bâillant sauvagement, il dévoile une rangée de dents parfaitement blanche et droite.

Une demi-heure plus tard, tous les membres vaquent à leurs occupations, à l’exception de York, toujours suspendu aux bras de Morphée et immergé dans son monde secret.
Célina et M.A. décident d’explorer les environs immédiats du campement. Elles tombent sur une étendue d’eau alimentée par une cascade de trois ou quatre mètres de haut. La surface parait par instant troublée par quelques créatures aquatiques inconnues. Les deux femmes en profitent pour photographier les alentours.

Le torrent à l’origine de cette cataracte se perd sous le couvert végétal et serpente dans une petite vallée partiellement masquée par d’épais bosquets. Les grands arbres en surplomb occultent la lumière du soleil. Si l’étoile pouvait baigner de sa clarté la mare, celle-ci gagnerait en beauté.
Après, quelques instants, d’intenses observations, les deux exploratrices, d’un commun et silencieux accord, repartent vers le campement.

L’amiral se lève et regarde son chronographe, il indique neuf heures et quart. Il prend rapidement son petit déjeuner et contacte le Burma afin de lui transmettre les dernières nouvelles. Les chercheurs demeurés à bord de ce spationef lui communiquent les découvertes liées à l’expédition sur le Cook.
Le rapport reste empreint d’ambigüités et de questionnements. Impossible de caractériser l’origine de la matière noire proche du sang. L’analyse montre un élément étrange : de microscopiques cristaux orangés au milieu de la substance visqueuse. La nature exacte de ce corps persiste indéterminée. Les informations récupérées dans les cerveaux bioniques résistent aux tentatives de décryptage. Pour une obscure raison, l’encodage des données suit une norme inusuelle.

À 1000, nos amis prennent la route vers le sud, dans cette direction le relief rend la progression du groupe relativement facile. Des pierres plates superposées ressemblent à du schiste bleu. Ces dalles jonchent la voie ; elles se retrouvent fortement enracinées au sol, par une herbe ligneuse qui les empêche de riper. La marche sur le sentier devient aisée en rapport de la piste proche de l’éboulis. Par logique, des rescapés hypothétiques emprunteraient cet itinéraire, plus accessible. Ce cheminement, bordé de surplombs rocheux et d’excavations, permettrait à des survivants de s’abriter en cas de danger.

Après cinquante minutes de déplacement facile, la troupe découvre un corps, rapidement identifié comme un membre du Cook.

Manifestement, un animal s’acharna sur le malheureux. Seuls quelques lambeaux de chairs et d’os subsistent. Le prédateur les délaissa probablement repu ou dérangé, lors de son macabre festin. Le sol et les herbes alentour portent encore des trainées de sang.
Horrifiés en imaginant l’effroyable fin de l’homme, ils détournent un instant les yeux.
Célina retire son casque et régurgite son petit déjeuner. Jonas, le biologiste, scrute les restes du Terranien, sans défaillir. Il s’approche à la recherche d’indices ou de traces de lutte, en vain. Jonas déclare :

— Il n’a pas eu le temps de se défendre.
— Écoutez tous, désormais nous conserverons nos armes à notre portée. J’exige, de vous tous, une vigilance accrue de tous les instants et surtout nous devons nous protéger mutuellement. Lance York d’une voix ferme. Je vous autorise à vous servir des armes non paralysantes. Cette disposition s’applique à vous, ordonne-t-il en ce tournant vers les scientifiques ébranlés par la macabre découverte.

Le corps reposera sur place. Les explorateurs décédés en service ne retrouvent jamais leur patrie ; leurs connaissances se transfèrent automatiquement vers les banques de données de l’Alliance. Un dispositif de sauvegarde génère un petit diamant d’une couleur aléatoire. Le cristal contient l’intégralité de la conscience et du savoir du défunt sauf si le cerveau est détruit lors de la mort.
Ils repartent sans mettre un nom sur le malheureux et chassent, tant bien que mal de leurs pensées, cette tragédie. Ils n’ignorent pas que sur un des territoires de l’Alliance l’identité de la victime sera retrouvée, et cela est peut-être déjà le cas.

Ils s’efforcent de rester concentrés pour survivre. York transmet au Burma le rapport de la trouvaille macabre et précise qu’ils poursuivent leur marche. Tout en progressant sur la piste, chacun redoute une nouvelle surprise désagréable. Quelques buissons ou rochers obstruent régulièrement leur cheminement. Nos amis, dans ce cas, se livrent à des travaux de dégagement éreintants.
Le soleil énorme et gonflé darde ses rayons à travers la frondaison de la jungle. Le groupe parcourt juste trois-cents mètres lorsqu’il tombe sur une créature semblable à celle aperçue dans le Cook. Elle les fixe. En l’absence de toute menace, l’équipe poursuit sa route.

La chose, par curiosité, prend en filature ces êtres étranges. Ils paraissent chercher quelque chose…
Une heure de marche s’écoule sans incident. Un des trois militaires, chargés de l’arrière-garde, remarque tardivement le pistage dont l’escouade fait l’objet.

— Amiral York, regardez derrière nous. L’homme pointe le fusil plasma dans la direction de la créature à présent immobile.
— Ne tirez pas. Nous en avons déjà aperçu une, d’assez près, elles semblent inoffensives, informe York. Nous suit-elle là depuis longtemps ?
Le soldat abaisse son arme et répond d’un air embarrassé :
— Aucune idée. Elle se dissimulait dans les buissons.
York le toise, d’un regard plein de reproches.
— Amiral, ce fait se révèle sans conséquence, intervient Jonas, pour désamorcer la tension naissante. Ces bestioles n’agissent que par curiosité, sans animosité.
Jonas s’accroupit et essaie d’attirer l’animal. Ce dernier l’observe un long moment. Une poignée de secondes plus tard, séduit, il s’élance vers ses jambes. De sa patte gauche suinte un liquide bleuâtre, plutôt collant. Célina se rappelle la « chose » lors de sa sortie du Cook, sa collision avec un arbre, puis sa disparition dans les bois.
— Elle est blessée ! Regarde, lance-t-elle à Jonas.
— Vous avez raison, Doc, passe-moi un bandage s’il te plait.
Notre ami se penche vers l’être. Il saisit doucement l’appendice sanguinolent. Il panse, avec délicatesse, les blessures de la créature. Elle le contemple stoïquement et semble comprendre que Jonas ne lui veut aucun mal, et qu’en fait, il s’affaire à la soigner.
— Voilà, cela la soulagera. L’animal glousse et saute sur l’épaule de son nouvel ami.
— Tu gagnes un compagnon, remarque York. Nous campons ici, décide-t-il.

A suivre chapitre 3, L'Ombre.
N’ hésitè pas à me posé des questions etc...
Il y a énormément de clins d’œil plus au moins subtil dans les écrits que je vous propose de découvrir ;) sans omettre certain emprun au Latin ou dialecte de la marine entre autre, pouvant être parfois obscur.
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Jeu 21 Juil 2022 - 15:13
Re, comme promis voici le chapitre 3 au cas ou ma connexion me lâche à nouveau. Si tous vas bien, je vous posterais le chapitre 4 Mercredi 27 dans l'après midi, bonne lecture :
Chapitre 3
L’Ombre


Vers dix-sept heures, Jo se lève et allume un feu, sur la rive, sous le regard curieux de Nébula. Il s’assure que le foyer se trouve correctement alimenté et décide d’aller pêcher ; ce soir, ils mangeront du poisson.

Le garçon observe la rivière. Elle coule impétueusement et se jette dans un lac en contrebas. Ses eaux vives heurtent les rochers, recouverts de quelques lichens, qui affleurent à la surface. Un grondement sourd émane de ces chocs. Pour un connaisseur, le coin se révèle riche en faunes halieutiques.

A une vingtaine de mètres de là, sur la même rive, Gilbert scrute les flots, d’un air pensif. Il se remémore la prose de Victor Hugo, et en particulier cette sentence de circonstance : « Les ondes, ce flux et ce reflux, ce va-et-vient terrible, ce bruit de tous les souffles, ces noirceurs et transparences et ces végétations propres au gouffre… ». L’auteur transcendait ses écrits, par sa plume si lyrique lorsqu’il évoquait la mer. Ces mots charmaient Gilbert, et cela depuis son plus jeune âge. L’homme, à regret, secoue la tête comme pour chasser ces vers sources de sa rêverie. Il regagne le campement tout proche.

Jo revient de sa pêche avec un maigre butin. Il s’acharne à lancer sa ligne durant trois heures, pour en retirer seulement six poissons de bonnes tailles. Ils résistent longuement et plusieurs fois le fil casse. Outre les hameçons, six mouches disparaissent dans les profondeurs du torrent. Assisté par deux compagnons, il vide et écaille ses prises. Elles ressemblent à de grosses carpes roses dotées d’un unique œil au sommet de leur tête. Six pièces pour l’ensemble du groupe, les portions s’avèreront congrues.

C’était sans compter sur Nébula, qui, saute de l’épaule de Jonas, saisit un poisson avec ses deux mandibules et plonge ensuite dans le lac, sous les regards étonnés de tous.

— Elle agit comme une argyronète, clame Célina.
— Une, quoi ? Questionne Jo qui vient de perdre sa plus belle prise, avec résignation.
— Une araignée des marais qui vit sous l’eau. N’en déplaise aux scientifiques qui prétendent que les araignées détestent le noir et l’humidité. Elle tisse entre les plantes aquatiques une sorte de cloche remplie d’air. Elle le renouvèle régulièrement en remontant à la surface et en le collectant sous forme de petites bulles fixées aux poils de son abdomen ; elle agit de la même manière avec ses proies. Nébula reproduit ce comportement avec ton poisson, me semble-t-il.
— Elle vivrait dans l’eau ?
— Non, Célina, souviens-toi. Nous l’avons rencontré dans le Cook, je pense qu’elle s’adapte en fonction du milieu ou elle se trouve, estime Jonas.
Ils terminent leur léger repas qu’ils complètent de barres énergétiques au gout prononcé de plastique. Paradoxalement frugal, ce banquet revigore nos aventuriers.

Les lieux laissent filtrer une atmosphère apaisante. La faune ne représente toujours aucune menace, avec pour corolaire un sentiment de sécurité et l’absence de tout stress. Leurs investigations ne se trouvent pas impactées négativement par des considérations existentielles. La mission, de ce fait, bénéficie de l’implication sans retenue des sauveteurs. La seule préoccupation de York réside dans le manque d’indices, relatif à d’éventuels survivants. L’amiral part se coucher le premier, il laisse à ses hommes, le soin d’organiser les quarts de surveillance de rigueur en cette situation.

Le bivouac s’orchestre et la nuit balaye les évènements pour plonger les explorateurs dans un sommeil réparateur.

La troisième journée de marche se montre épuisante, par opposition aux placements de la veille. Une fois encore, les aventuriers ne découvrent rien de significatif, susceptible de favoriser la progression de leurs recherches.

Fourbus, ils installent leur campement sur une berge. La rivière plus calme, à cet endroit, charrie dans son cours occasionnellement quelques feuilles multicolores tombées d’arbres inconnus. L’eau offre à ces radeaux improvisés un cheminement qui valorise leurs teintes variées. Elles alternent du rouge sang au jaune pastel, en passant par le vert pomme ou le mauve.

York avec l’aide d’un filet de camouflage, détourné de son usage, capture le diner, en fin d’après-midi. Des poissons, à nouveau, composent l’essentiel du souper. De fait, ils constituent la seule source de protéines disponibles sans mobiliser trop d’énergie. Les explorateurs s’assoient sur des pierres autour du feu. La flagrance du repas, qui s’annonce, rappelle de fortes odeurs d’épices proches du cumin et du curry. Le groupe dévore la chair tendre et grasse. Toutefois, les trop nombreuses arêtes gâchent la dégustation. Une nouvelle nuit s’avance timidement.

Une myriade d’étoiles constellent le ciel dépourvu de pollution lumineuse, pour le plus grand plaisir de M.A. qui scrute le firmament avec des jumelles. Aucune lune n’orbite autour de SRX-380. Cette configuration demeure rare pour une planète aussi vaste.
Le paysage nocturne environnant dévoile son indescriptible beauté. Il se montre fort différent du site d’atterrissage. Ici règne une atmosphère apaisante. Toute la tension nerveuse de la troupe

s’évacue ; les images terrifiantes et les craintes infondées s’évanouissent d’elles-mêmes. Les arbres s’élèvent démesurément, une herbe jaunâtre recouvre le sol pierreux. Des buissons pourpres colonisent l’espace disponible. Aucun son ne retentit aux alentours. Une oreille entrainée ou attentive percevrait les bruissements des insectes et quelques autres remuements qui trahiraient une présence animale près du camp.
* * *


Penseurs et philosophes depuis la lointaine Antiquité cherchent à socialiser le cœur des hommes. Leur échec demeure récurrent. Le mensonge, l’égoïsme, le matérialisme perdurent, aussi présents qu’autrefois. Changer la nature atavique de notre espèce resterait une utopie. Ici, sur ce monde inconnu, la sérénité nocturne apaise et réconforte les âmes. Cette nuit étoilée permet à nos aventuriers de prendre conscience, l’espace d’une soirée, que l’essence des choses prime les apparences. L’ambiance favorise la réflexion philosophique.

Nébula émerge de l’eau verte et froide vers huit heures, visiblement, l’élément liquide semble plaire à la bête qui ne perd aucune occasion de s’y plonger. Jo savoure son café. Une fumée légère diffuse l’odeur forte, caractéristique d’un moka. Il observe la créature s’ébrouer. Vraisemblablement, elle parait ignorer sa présence. Nébula joue dans les graviers de la rive. Elle sautille et se roule sur le sol, sous les yeux amusés de son ami. Elle interrompt brusquement ses ébats, en apercevant l’homme qui l’espionne. Sa couleur change, elle passe du gris bleu à un rouge de toute beauté.
Elle semble raisonner intensément et brièvement ; le fruit de ce reploiement — réflexion — conduit l’animal à s’approcher de Jo, et à le regarder boire. Elle s’intéresse, par association d’idées, à la casserole installée sur les braises encore chaudes, vestiges du feu de la veille. Elle pose sa patte centrale sur les charbons incandescents ; elle retire son appendice dans l’instant en émettant un gloussement de surprise. Nébula penche, ce qui semble constituer sa tête, sur le côté tel un chien curieux ; elle réitère son geste et gazouille de plaisir. Jo lui sert un café dans un récipient creux en aluminium et observe la réaction de la créature. Cette dernière regarde l’assiette, puis Jo, l’assiette, Jo… Il lui mime de boire. Elle hésite, se dandine d’une jambe filiforme à l’autre et se décide à gouter le breuvage noir. Une sorte de paille organique apparait à la place des pinces qui équipaient un des appendices. Nébula avale avidement le liquide. Elle saute sur l’épaule de Jonas qui vient de les rejoindre. Jo lui raconte les facéties de l’entité. Gilbert arrive et s’assoit à côté d’eux. Il se sert du café et laisse ses yeux scruter les alentours.
— Admirez ! Aucune lubie d’être vivant n’altéra cet habitat vierge. Seuls les caprices des éléments sculptèrent cet environnement originel.
— Exact, Gilbert, ce type de paysages devient de plus en plus rare. J’ai construit, sur mon monde, ma maison loin de la ville afin que mes enfants puissent un jour profiter de la nature.
— En parlant de biotopes, je vous quitte pour faire pleurer le colosse, intervient Jo en se levant.

Il se dirige vers la lisière des bois. Un genre de conifère colonise la forêt. Ses aiguilles, d’un vert foncé, longues et larges se groupent autour de nœuds issus de branches biscornues. L’écorce des arbres révèle un grain fin comme de la peau. À la base des plantes s’entassent des racines étrangement rectilignes.

Jo se soulage. Il remarque, soudain, ce qui ressemble à un escargot à la coquille pyramidale qui se meut lentement. Sa tête, surmontée d’une seule tige pourvue d’un œil curieusement grand, se balance aléatoirement. Sa couleur vert foncé lui donne un aspect comique. La créature rampe paresseusement sur le tronc du conifère que Jo arrose tout naturellement.

Le camp revient à la vie et s’anime de mille bruits qui résonnent derrière lui.
Le garçon se penche pour saisir l’étrange gastéropode, ses doigts effleurent la chair de l’animal. Immédiatement, ce dernier crache un fluide ocre sur le bras droit de l’explorateur. Surpris, il recule, le liquide commence à ronger sa combinaison à la manière d’un acide puissant. Jo désassemble vivement la manche endommagée. La rapidité du soldat, à ôter partiellement son spatiandre, se révèle insuffisante, la matière entre en contact avec sa peau. L’homme hurle comme un damné et pousse des jurons particulièrement grossiers et inventifs.

Les cris alertent le camp. Interloqués, tous se figent un instant, et sans hésiter, ils se précipitent l’arme au poing, vers le malheureux.
Après un examen sommaire, le médecin traite diligemment la plaie. Il isole, à l’aide de bandages énergétiques, la zone du bras atteinte par la substance ocre.

— Que s’est-il passé ? interroge York.
— Demande à cette saloperie, sur l’arbre, à ce vulgaire escargot !
— Ce petit machin-là ? York approche de la créature maintenant immobile.
— Méfie-toi ! Il n’en a pas l’air comme ça, l’animal est féroce. Préviens Jo.
— Incroyable, s’exclame Jonas, cet acide a complètement rongé la manche de ton spatiandre de Dratanide ! Mon vieux, sans lui…
— Plus de peur que de mal, formule le médecin. Peux-tu marcher, Jo ?
— Oui. J’ai enduré, bien pire !
— Parfait, j’en suis heureux. Que tout le monde se prépare ! ordonne York.
La journée commence à peine, intime York. N’oubliez pas de prélever un échantillon de cet acide ; son aptitude à ronger le Dratanide m’intrigue. Ne manquons pas cette occasion !
Ils retournent au camp, sans se rendre compte qu’une ombre aux yeux jaunes les espionnent...
* * *

L’entité les suit depuis leur arrivée sur SRX-380. Elle les observe et les étudie. Elle se remémore avoir vu, il y a plusieurs jours, un autre groupe constitué de créatures semblables. La chose tenta d’aborder ces inconnus. Une de leur jeune femelle essaya de communiquer avec elle. Hélas, le contact entre eux s’avéra mortel. L’humaine hurla de douleur ; pour la défendre, ses compagnons tirèrent dans sa direction. L’ombre se rappelle sa fuite non par crainte d’être blessée, uniquement par crainte de tuer ces étrangers par mégarde. Elle trouva refuge dans l’oiseau de fer, au niveau d’une pièce circulaire, des boites de verre en occupaient le centre.

Logiquement, quelques individus la suivirent. Elle esquiva de nombreuses salves de paralyseurs — nom que donnaient les êtres bizarres à ces armes — et elle réussit à s’enfuir dans une coursive. Un rayon la frôla et toucha une forme de vie ronde et maladroite. Celle-ci enfla, explosa et se désintégra en un liquide noirâtre et visqueux qui tapissa le sol et les murs. L’ombre se souvint avoir pu s’échapper vers la forêt.

Un autre fait lui revient en mémoire, son retour en sécurité correspondait exactement à l’arrivée des insectes volants géants. Ses poursuiveurs hurlèrent que des pirates arrivaient, ils abandonnèrent leur chasse pour se défendre, sans succès et finirent exterminés.
Elle se rappelle, aussi, qu’une créature, au moins, survécut. Les yeux de cet être ressemblaient au sien. Ce dernier possédait l’aptitude à projeter des sphères de feu sur les assaillants. À lui seul, il élimina les insectes. Le combat achevé, il retourna dans l’oiseau de fer et manipula des touches étranges. L’humanoïde poussa un juron. Vraisemblablement, les communications dysfonctionnaient et l’animal de métal refusait de collaborer. L’être dicta un ultime message à une machine et s’enfonça dans les bois, possiblement à la recherche de plus de sécurité. L’ombre perdit cette survivante dans la forêt, sans comprendre réellement comment. Ce fait la déroutait. Le rescapé n’avançait pourtant pas très rapidement, trop préoccupé à observer le ciel. Il redoutait probablement le retour des insectes.

Comme l’oiseau de fer s’avérait maintenant inoccupé, l’ombre s’installa dans cette nouvelle tanière. Elle fut stupéfaite de l’apparition soudaine d’autres êtres semblables à ceux qui l’avaient pourchassée. Elle décida de les suivre de loin afin de connaitre leur intention.
La chose analysa l’attaque qu’elle essuya comme un réflexe d’autodéfense de ces surprenants étrangers. Elle ne pouvait pas leur en vouloir, elle aurait dû faire preuve de plus de prudence.

A suivre, chapitre 4 : À la recherche du Slay.
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Mer 27 Juil 2022 - 16:02
Chapitre 4

À la recherche du Slay


York contacte le Burma, afin de se renseigner sur l’évolution des investigations. Elles se concentrent sur les matériels collectés. La recherche des survivants peut se trouver optimisée par les informations obtenues. Bien lui en prit, entre temps en effet, l’équipage de leur vaisseau venait de décrypter les données récupérées. York apprend, par ce biais, la présence des Pirates sur ce monde.

L’amiral les affronta à maintes reprises. Les rencontrer ici, constituait un véritable mystère. Comment ces créatures insectoïdes réussirent-elles à investir cet astre sans se faire repérer ?

Le rapport en provenance du spationef, l’informait sur le déroulement de la tragédie du Cook. Selon le journal de bord, décrypté par les meilleurs experts, l’astronef croisait en haute atmosphère lorsque des nefs hostiles surgirent et l’obligèrent à rejoindre d’urgence la surface de la planète.
Les assaillants parvinrent à neutraliser temporairement les commandes de navigation, et à brouiller toutes les communications. Le navire désemparé toucha le sol, sans dégât ; les membres d’équipage se défendirent vaillamment. Les agresseurs en capturèrent peu et en tuèrent beaucoup.

Les spécialistes du Burma rencontraient des difficultés à déchiffrer certaines données. Elles semblaient cryptées en un langage voisin du Slay ancien. Cette précaution relevait d’une volonté délibérée ; elle empêcherait les Pirates d’accéder aux informations concernées. Le problème résidait dans l’origine des écrits. Seul un confidentiel nombre d’experts linguistiques maitrisait la traduction de cette langue morte. La transcription demandera beaucoup de temps pour obtenir un résultat, tant les moyens du bord se montrent anémiques
.

York interroge son interlocuteur et requiert quelques précisions. Il s’assure que sa compréhension des échanges radio concorde à la véridicité. L’officier s’accorde quelques secondes de réflexion afin d’analyser les informations et d’en déduire ses propres conclusions. Son regard plonge dans le paysage, sans le voir, signe d’un intense questionnement. Cette brève déconnexion de la réalité constitue le signal coutumier d’un « briefing ». Les autres membres de l’expédition de secours se rapprochent silencieusement, parfaitement renseignés sur la suite des évènements. Ils attendent religieusement que leur chef émerge de sa méditation. Ils escomptent que York leur retransmettra de bonnes nouvelles. L’officier se retourne vers eux, les toise amicalement et dévoile la teneur de ses échanges avec le Burma.
— Les dernières recherches répondent à quelques-unes de nos questions. Je regrette qu’elles se montrent fort peu rassurantes. Interviens, Célina.
— Pas sécurisant, effectivement. Nous ne devons pas abandonner le Burma avec des défenses réduites, dans le cas où les insectes reviendraient… Agissons, décide York en se tournant vers l’escorte, vous retournez au vaisseau. Surveillez les alentours en retournant à notre vaisseau. Vous transmettrez mes ordres au commandant en second. Ils s’avèrent extrêmement simples, le Burma appareillera, si la situation dégénère. N’oubliez pas, asservissez le Cook à notre pilote automatique. Prenez le toubib avec vous. Au cas où…
Les soldats s’éloignent accompagnés du médecin.
— Éric, penses-tu vraiment qu’à nous six, nous retrouverons les survivants ? Nous manquons de combattants, surtout si nous subissons une attaque.
— Je sais Jo. Répond York, j’espère que les Slays enverront rapidement des renforts. La transmission des rapports d’investigations préliminaires doit actuellement faire l’objet d’une étude approfondie par nos alliés. Quelle aubaine, cet article 12 du code des explorateurs, ne trouvez-vous pas ? En stipulant opportunément, l’obligation d’informer quotidiennement nos amis, sur l’avancement des recherches, nous venons d’envoyer un S.O.S. implicite. Les Slays ne tolèreront jamais l’intrusion des pirates sur cette planète. Pour la suite, nous aviserons. Gilbert…
— J’écoute.
— Arrives-tu décrypter les écrits slays ?
— J’estime que oui. Je t’alerte sur le fait qu’ils se révèlent astronomiquement anciens. Je ne te promets pas une traduction parfaite, ou rapide. Yéna réaliserait cette tâche, bien plus facilement que moi.
— Ça ira, agit pour le mieux. L’amiral donne son databloc à Gilbert. L’appareil contient le rapport et le texte complet.
— Alors, voyons voir : « Je me nomme : Star Fire, de la nation des Slays, seul rescapé du Cook… ». Je ne me souviens pas de la signification des runes suivantes...
— Nous conviendrons à présent qu’il n’y a qu’un survivant… relève Jo.
— Attends, laisse-moi continuer, je déchiffre quelques bribes de phrases : « Vers le sud, attaque éventuelle... »
— Précise-t-il, où il se réfugiera ? questionne York.
— Je crois que oui : « ... j’attendrais... la grotte... » Je ne parviens pas à en décrypter davantage. Désolé. Ce langage diffère de l’ancien classique, préférentiellement du Protoancien slay. Cela dépasse de loin mes compétences. Star Fire, effaré et certainement traqué par les Pirates, préféra sans nul doute brouiller les pistes. Les insectes se montrent habituellement d’exécrables linguistes. Notre fuyard, conscient de cette lacune, n’a pas voulu prendre de risque ; il a codé les données.
— Pas si mal déjà, nous supputerons que notre rescapé se loge probablement dans les montagnes, merci, Gilbert. Tout le monde en route. Ordonne York.
— Juste une observation, le cadavre découvert ne correspondrait-il pas à la personne que nous recherchons ? demande Jo.
— Je ne pense pas, déclare l’amiral. Un Slay surpris par un animal sauvage reste invraisemblable. Continuons en direction du sud. Tu soulèves un point intéressant. A qui appartient ce corps ? Le communiqué stipule bien un survivant et non deux. Sans oublier que le message slay se trouvait dans le Cook, il me parait logique d’en déduire qu’il précédait la fuite de Star Fire.
— Il supputait, peut-être, que les Pirates stopperaient leurs recherches, s’ils croyaient à la présence d’un unique rescapé. Suggère M.A. sans interrompre la vérification de son équipement, aussitôt imité par ses compagnons d’armes.
L’équipe entame sa progression en se dissimulant au maximum. À six, ils ne pèseraient pas bien lourd face à une attaque massive des Pirates. Pour pallier ce risque, ils utilisent la topographie et en particulier les surplombs qui bordent le sentier. Lorsqu’ils estiment courir un moindre danger, ils s’écartent un peu de ce dernier, pour avancer sous la protection du maigre couvert végétal. La vitesse du groupe fluctue avec le relief du cheminement.

En marche forcée, ils atteindront, en trente-deux heures environ, les montagnes. Ils leur resteront, dans ce cas, à se lancer à la rechercher la grotte.
* * *
Les Pirates s’avéraient une race hostile particulièrement dangereuse. Leur planète d’origine restait à ce jour non localisée. Leurs attaques suivaient un schéma répétitif et invariable. Ils phagocytaient les civilisations avancées. Les Insectoïdes s’emparaient des richesses et des technologies. Ils arraisonnaient et pillaient les astronefs. Ils furent identifiés à l’occasion d’un conflit, tandis qu’ils agissaient comme des charognards. Profitant du chaos, ils inféodaient les épaves des spationefs terraniens et slays et éliminaient les rescapés. Lorsque des vaisseaux demeuraient viables, ils les remorquaient pour les réhabiliter et les réutiliser.
L’appareillage d’un navire, gravement endommagé et immobilisé, alerta les Terraniens, surpris de voir leur spacionef s’éloigner. Ils affrontèrent pour la première fois les Pirates et se montrèrent déstabilisés face à leurs formes insectoïdes. Leur technologie de ses nouveaux adversaires se développa, encore davantage, durant le conflit qui opposa Slays et Xéllosiens.

L’alliance ne détenait que peu d’éléments sur ces adversaires. Ils vivaient en clan et se nourrissaient de dragées multicolores, exagérément riches en protéines énergétiques. Leur ingénierie évoluait sans cesse, les rendant totalement imprévisibles. Seuls, leurs propres vaisseaux subirent une étude sommairement. Les Terraniens découvrirent que dès leur conception, des capteurs-espions autoévolutifs équipaient les astronefs insectoïdes. Ces dispositifs épiaient tous les faits et gestes de l’équipage et renseignaient la planète mère. Il y avait là, une faille à exploiter.
Ces récents adversaires possédaient diverses installations de recherches réparties aléatoirement dans la galaxie. Ils se jouaient, avec un mépris évident, de toutes les créatures soumises à leur joug. Les Pirates asservissaient allègrement les autres races et menaient, sur eux, des expériences génétiques. Leur but consistait à acquérir de nouvelles armes biologiques, ou à les optimiser.

L’annonce d’une probable proximité avec des Insectoïdes expliquait la tension de tout corps expéditionnaire. Les militaires projetaient sans cesse autour d’eux un regard vigilant ; les mains positionnées sur leurs paralyseurs trahissaient cet état d’esprit, pour tout observateur attentif. Les Pirates provoquaient cet effet-là, à tous les explorateurs ou soldats. Même pour ceux formés aux opérations ardues et aux conditions extrêmement hostiles, une angoisse irraisonnée les submergeait toujours. Lors des expéditions ou des confrontations, rien ne devenait plus dur à gérer qu’une menace connue, ponctuée de périls ignorés. Qui peut dire quelles horreurs, ces créatures se rendraient coupables aujourd’hui.
* * *


Depuis maintenant une heure, le groupe progresse sur un terrain de plus en plus difficile. Mortellement pentu, le sol se compose de feuilles d’ardoise empilées, extrêmement glissantes. Tout à coup, Nébula saute de l’épaule de Jonas et le guide vers un étrange minéral en forme de trapèze. Elle monte dessus et agite une patte dans la direction de son maitre d’adoption et désigne la roche. Jonas intrigué par le comportement de l’animal se dirige vers elle, le paralyseur en main. Les sens en alerte.

Une fois à proximité, Jonas incite Nébula à regagner sa place, il se penche sur la pierre. En son centre, une flèche gravée apparait. Il appelle York, ce dernier aimerait sans doute observer un tel indice. Des symboles vraisemblablement slays ornent le minéral. Gilbert s’incline sur les glyphes, pour mieux les distinguer.
— « Fire Star » : voilà ce que signifie cette inscription. Il nous facilite la tâche, il se sent en sécurité, dans le cas contraire, il n’indiquerait jamais sa direction. Avec un peu de chance, il se dissimule dans les parages.
— Jo, demande Célina, peux-tu vérifier le fonctionnement de la balise du Slay ? J’espère qu’il respecte la règle numéro deux relative aux missions en zone inexplorée. Tous les astronautes s’engagent à conserver sur lui un géo-localisateur actif.
— Non, répond Jo, au bout de quelques secondes, je ne capte aucun écho, mais avec ce type de relief rien d’étonnant. Il existe la possibilité que les satellites-relais soient détruits. Ce qui expliquerait l’absence de signal.
— Réessaye régulièrement et tiens-moi au courant. Intervient York. Il me semble que Fire Star a coupé, tout simplement, son géo-localisateur à cause de la menace ennemie.
* * *


En hauteur, dans une grotte en flanc de montagne, Fire Star essaie en vain de joindre un vaisseau allié. Son hyperémetteur ne lui sert à rien. Les ondes ne passent pas au travers des épaisses couches de roche. Cela dure maintenant depuis trois jours et demi, qu’il patiente, ici, après de longs jours d’errance destinés à perdre d’éventuels poursuivants.

Il ressent un terrible épuisement et une faim de loup. Il n’a pu se munir de rations de survie, avant sa fuite. Depuis, il se nourrit avec les racines et les baies à sa portée, il restreint volontairement sa quête de subsistances, soucieux de laisser le moins de traces de sa présence.
Le Slay se rappelle sa première mission, à bord d’un navire terranien. Il se revoit s’engouffrer dans les couloirs, observant tous ces visages inconnus ; il partage avec eux, le même feu qui brule dans leurs veines, celui d’une ardeur commune. Cette passion dévorante, pour l’espace et les mystères qu’il recèle, consume l’âme des aventuriers. Il apprend à tolérer les différentes races et à respecter leurs diverses religions. Elles ne divergent que par les rites et les interprétations.

Aujourd’hui, il se trouve isolé, sur une planète décrétée sacrée, par son peuple. Selon leur croyance, cette terre symbolise le berceau de la vie, la maison de la Déité Nyû. Il admire sa pureté et sa virginité. Il se réjouit que nul jusqu’à ces derniers jours, ne l’eût violé, jusqu’à ce qu’il s’aperçoive de la présence des Pirates. Pourquoi la Déesse n’intervenait-elle pas pour protéger SRX-380 ? En temps normal, elle chassait ces intrus. La situation actuelle reste pour lui incompréhensible.

La donne changea, avec les siècles, la soif de savoirs grandit. Un problème en particulier préoccupait l’ensemble des mondes habités, de nouvelles affections sévissaient, particulièrement virulentes, contagieuses et surtout mortelles. L’exploration de régions inconnues pourrait peut-être apporter l’espérance aux malades.

Le Slay jure, dans sa langue maternelle, il commence à s’impatienter, comme un fauve en cage. Il doit rester ici pour sa sécurité et il en demeure conscient. Les indices, qu’il laisse, représentent déjà trop de risques pour lui. Attendre, dans l’inaction, l’inquiète au plus haut point. Combien de temps tiendrait-il encore ?
                                                                                                                                                                                                                                                               

A suivre, Chapitre 5: Les anges de mort.
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Mer 3 Aoû 2022 - 15:40
Chapitre 5

Les anges de mort

À bord du spationef Inverse, le capitaine Marcus Hopper reçoit des informations en provenance du Burma. Il prend rapidement connaissance de la teneur du message. Conscient des dangers que représentent les Pirates pour l’escouade sur place, il alerte par hyperémetteur les Slays. Il fait preuve de constance et parvient à joindre le sage Enema Pan.

D’un commun accord, Pan contacte les Haut-Dignitaires terraniens et slays. Dominique Bed et Yéna Star, alarmés sur le contexte, affrètent quatre vaisseaux de l’Alliance et les dirigent vers la planète sacrée. Ils empêcheront les Insectoïdes de s’installer sur ce monde. Les astronefs disposent d’une force d’intervention au sol. Elle sera chargée de contrecarrer la colonisation de SRX-380. Les pirates infestent et phagocytent les territoires ou navires spatiaux dont ils se rendent maitres. Les Slays connaissent parfaitement cette procédure immuable propre aux Insectoïdes. L’Alliance s’engage dans un bras de fer belliqueux, elle ne tolère pas que la planète sanctuaire soit asservie. Espérons qu’ils n’arrivent pas trop tard.

Marcus, dans sa cabine, range son bureau. Un tourbillon de documents semble s’être déchainé. Des feuilles s’étalent fièrement de toute part. Elles recouvrent le databloc intégré, au plan de travail, comme pour dire : technologie obsolète, revenez au papier et à l’encre !

Le commandant du bâtiment vient tout juste d’empocher quatre-mille Alliards, simplement en caressant un gros chat noir qui déambulait dans le couloir. Le félin appartient à la catégorie des nombreux biotes de la société Utophilia. Cette entreprise philanthropique installée, sur toutes les colonies de l’Alliance, récompense les actes généreux envers ses robots multiformes. Ces I.A. indétectables revêtent de multiples configurations et offrent au premier acteur d’un comportement compatissant et désintéressé une prime d’un montant aléatoire.

Marcus exècre ces objets biomécaniques omniprésents dans l’Alliance. Il ressent la constante et désagréable sensation que ces machines l’épient. Cette fois, pourtant, grâce à la somme remportée, il se montre d’excellentes humeurs. Il médite sur son aversion pour ces ferrailles et conclut que ce qui le hérisse le plus réside dans l’occurrence de leur parfaite ressemblance avec leur modèle vivant. Il s’irrite de son impossibilité à distinguer le vrai du faux ; cela l’agace particulièrement.

Son statut de capitaine l’exempte de quart, il en profite pour rejoindre son cabinet de toilette privé. Marcus décide de tirer parti de ce répit dans ses obligations de service pour se délasser. Il remplit sa baignoire et se glisse dans un bain fumant. Il compte bien se délecter de cette rare occasion de détente. Il s’immerge totalement sous la mousse savonneuse. Marcus éprouve sa capacité à se maintenir en apnée. Des bulles remontent cycliquement à la surface. Une demi-douzaine de minutes s’écoulent, et à l’instar d’un kiosque de sous-marin, un nez émerge. Il précède le visage de l’officier rougi par la température excessive du liquide.
Une mouche tourne autour de lui. Il la chasse d’un revers de sa dextre et replonge dans la baignoire. Il se relaxe dans l’eau devenue tiède. Une mousse bleutée l’entoure. Marcus place deux doigts de chaque main sur ses tempes et les masses doucement en un mouvement circulaire délassant. Il agit là, sur prescription médicale de sa défunte grand-mère. Il jette un regard vers son hublot en Transpacier.


Dehors, le bouclier fluctue faiblement, sous l’impact vraisemblable d’une micrométéorite. Elles gravitent en abondance dans ce secteur. Dans la majorité des cas, l’habillage en Dratanide du vaisseau suffit à le protéger de ces collisions. Le navire spatial demeure en permanence, sous la menace de débris massifs.
La circonstance, que les Pirates évoluent souvent dans cette région, provoque une insécurité croissante. Les Insectoïdes représenteraient des coupables très crédibles à l’origine de ces impacts sur la coque. La prudence s’avère de mise. Le capitaine secoue la tête pour effacer ses pensées de son esprit.

Marcus se shampouine soigneusement. Il affectionne ses cheveux longs châtain clair, doux comme de la soie qui attirent la convoitise des femmes. Il appartient à ces rares hommes qui provoquent une grande frénésie sexuelle sur son passage. Qu’importe sa vêture et l’endroit où il se trouve, la gent féminine le courtise, au grand dam de ses compagnons.

La mouche recommence à le harceler. Il l’attrape au vol, surpris lui-même par sa dextérité. Un bourdonnement métallique s’entend.
— Krrr… Vous gagnez… Marcus broie le biote.
— Que n’inventent’ils pas ! N’arrêteront-ils jamais avec leurs gadgets ?
Il peste d’une voix amusée et réalise le contraste entre sa présente réaction et sa légendaire et accoutumée irritation face à ces organismes artificiels.

Marcus achève à ses ablutions avec regrets. Marcus s’empare d’une serviette et se frictionne vigoureusement. Son regard accroche la cabine de toilettes. Il n’aime pas ces dispositifs soniques qui éliminent la crasse à grand renfort de modulations de fréquence ou autres vibrations issues de la technologie. Un bain ou une douche se doivent de respecter la tradition ; l’eau subsiste indispensable à cette cérémonie. Nous ne sacrifions pas au nécessaire besoin de propreté, en déférant à cette coutume sacrée. L’onde salvatrice, qui coule, sur les corps dénudés, sacralise un exquis exutoire. Elle sanctifie une douce relaxation. Marcus secoue de droite à gauche sa tête pour évacuer ses introspections lyriques, et s’habille.

Marcus se dirige vers le mess ; il désire converser avec Charas, un jeune soldat. Il effectue sa première mission. L’officier appète à le rassurer ; son expérience n’a pas effacé le souvenir de l’appréhension qu’il éprouva à ses débuts ; il n’ignore rien des frayeurs des nouvelles recrues face à l’inconnu. Il avise le garçon, au fond de la salle, seul. Il s’approche.
— Salut, Charas !
Marcus interpelle amicalement le jeune aspirant qui se place au garde-à-vous, par réflexe. Repos.
— Bonjour, mon capitaine, que désirez-vous ?
— Eh bien ! pour commencer, appelle-moi Marcus, comme tous, ici et tutoie-moi. Tant qu’il n’y a pas un de mes supérieurs ici, oublie le protocole, mon garçon.
— Euh… Très bien capitaine, pardon Marcus. Réponds Charas déconcerté, les yeux écarquillés.
— Pas trop stressé ?
— Je ne sais pas en vrai ; je me pose des questions… balbutie-t-il.
— Tu sais, c’est pareil pour tout le monde. Tu dois juste te montrer toujours sur tes gardes. Un ennemi, capable de nous nuire, n’hésitera pas. Nous connaissons nos adversaires, ils demeurent imprévisibles. Es-tu effrayé ?
— Oui ! Rétorque le soldat, timidement, en diminuant la voix.
— Voilà une attitude salvatrice. Sourit Marcus, le visage rayonnant. Elle t’obligera à te tenir sur tes gardes, n’oublie jamais qu’à l’instant où la peur disparait, correspond l’instant où tu encours le plus de risques.

L’alarme du spacionef Inverse hurle intempestivement. Une dizaine de navires, des Pirates, émergent de l’hyperespace. En guise de salut, ils détruisent le Carrerre, le second bâtiment terranien positionné à gauche du spationef de Marcus.

— Comprends-tu, maintenant ce que je veux dire Charas ?

La question de Marcus résonne dans les coursives. Il se précipite vers le poste de pilotage, sans attendre ni entendre la réponse. Il hurle dans sa course une ultime sentence.

— Cette alarme en constitue une illustration parfaite...
* * *


Sur SRX-380, la situation vient tout juste d’évoluer.

— Amiral York ! La transmission avec le Burma est rompue !
— Comment ? As-tu réessayé, Jo ?
— A plusieurs reprises. Hélas rien.
— Célina ?
— Je rencontre le même problème, impossible d’établir le moindre contact.

Au même moment, surgit dans le ciel une vision apocalyptique. Une armada d’anges exterminateurs, aux canons en surchauffe, s’approche rapidement. Vingt-cinq Pirates vêtus de noir flottent dans les airs grâce à leurs turbopropulseurs dorsaux. Ils foncent vers leur proie.

— Merde ! à couvert, hurle York en remarquant l’escouade meurtrière.
Un déluge de feu transforme vitement la région en zone de guerre. Les rayons des armes ennemies consument arbres et buissons et infligent des dégâts tout aussi considérables à l’environnement. Les roches touchées par les tirs mortels fondent ou se trouvent transpercées de part en part.

L’enfer sur cinquante mètres carrés s’impose aux yeux incrédules de l’Ombre, dissimulé derrière une formation minérale dense. Un projectile perdu file accidentellement dans sa direction.

L’équipe d’Éric dispose seulement de paralyseurs et de plasmas. Cet armement minimaliste les rend vulnérables. Leur arsenal se révèle trop juste contre autant de Pirates.
Nébula se réfugie derrière une grosse pierre. Cette dernière reçoit une décharge d’énergie et se délite lentement.

— York ordonne sans hésitation, branchez vos boucliers, sur pleine puissance !

L’officier tire concomitamment une salve meurtrière sur les insectes.
Deux assaillants, touchés, succombent sur le coup. Le troisième, blessé, s’effondre en criant des injures particulièrement salaces. Une vague violette jaillit du canon d’un pirate, positionné à la tête du groupe. Son rayon ondulatoire se braque directement sur Gilbert.
L’instant fatidique se trouve suspendu par une surprenante intervention. L’Ombre surgit et s’interpose. Elle encaisse de plein fouet le terrible choc, elle absorbe, sans dommage, cette vague assassine. La réaction de l’étrange créature laisse pantois nos sauveteurs en péril. Elle lance dans la direction des assaillants une salve de dards sombres. Ceux-ci annihilent tous les agresseurs simultanément. Une onde électrique mauve parcourt toujours son corps, circonstance inexplicable en regard de la totale destruction des attaquants. Cette lueur violette perdure sans effet observable et sa présence disparait des préoccupations du moment.

La troupe d’Éric n’en revient pas, cet être vient d’accomplir un tour de force des plus surprenants.
Gilbert s’approche de l’entité et tend la main vers elle, en un signe amical. L’Ombre recule d’un bond et regarde tout autour d’elle. Elle localise l’ennemi blessé par Éric. Elle vérifie que le groupe l’observe et d’un ample geste destiné à attirer l’attention, touche le Pirate. Ce dernier pousse un cri strident, il convulse longuement. Cette terrible agonie s’achève dans un râle plein de rage et de douleurs. Cette démonstration tragique permet à l’amiral et à ses compagnons de comprendre qu’un contact direct avec la créature se révèlerait fatal. L’équipe conserve opportunément une distance sécurisante ; ils réalisent que l’ombre ne leur veut aucun mal.
A suivre, Chapitre 6 : Le rituel de feu
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Mer 10 Aoû 2022 - 14:33
Chapitre 6
Le rituel de feu


Marie Ange remarque l’absence de Célina. Du regard, elle cherche dans les débris fumants de la bataille. Avec effroi, elle la trouve totalement congelée entre deux rochers. Touchée par un faisceau cryogénique, la dépouille de Célina brille légèrement sous les rayons du soleil à son zénith.

Apparemment, elle manqua de temps pour activer son bouclier. Son doigt figé, à quelques millimètres de l’interrupteur situé sur la ceinture de son spatiandre, l’indique. M.A. se penche sur le corps. Elle embrasse l’idée folle que la jeune femme respire encore ; dans les faits, elle a cessé de vivre.


Le reste du groupe s’avance, au fur et à mesure qu’ils approchent, ils aperçoivent M.A.. Elle apparait inclinée sur une forme allongée. Sans concertation, ils forment un cercle autour de la dépouille de leur équipière. Ils mesurent tous les risques de leur métier, toutefois face à la situation présente, ils éprouvent une peine terrible difficilement contenue et se révèlent bouleversés. Le mot peut paraitre désuet, il demeure pourtant le terme exact. Leurs instructions, leurs entrainements, leurs expériences les endurcissent et préparent à affronter la mort. La perte de leur amie les affecte profondément. En silence, ils se recueillent pour un dernier hommage. Gilbert transfère à l’aide de son databloc, les connaissances de la défunte. Son savoir et ses souvenirs intègreront les banques mémorielles de l’Alliance.
— Salut à tous, articule une voie surgissant de nulle part.
Nos sauveteurs sursautent et se déploient en un instant en position défensive. Ils restent cois, égarés au plus profond de leur chagrin nouveau.
Enema Pan s’avance. L’affrontement incita le Slay à sortir de la grotte. Il dévala vers la zone d’engagement, hélas, il arriva trop tard pour se joindre aux combats.

— Nous te cherchions, réplique York. Voilà au moins une bonne chose, cette journée ne sera pas totalement pourrie. Je suppose que nous nous retrouvons devant le seul survivant de l’équipage du Cook. Tu nous excuseras, nous ne sommes pas d’humeur à fêter ces retrouvailles. Nous venons de perdre une des nôtres et le Burma ne répond plus. La situation s’avère peu réjouissante. Je m’exprime, cependant, au nom de tous, nous éprouvons un vif plaisir pour ton retour, parmi nous.
— Je comprends, je suis désolé.
Le Slay s’approche du cercueil de glace éternelle. Enema Pan se penche et saisit un bâton. Il le brandit et des flammes jaillissent. Plus loin, l’Ombre recule, probablement effrayée.
— Gilbert, que fait-il ? Questionne M.A.. Ma connaissance des rites et coutumes slay se révèle aussi vaste qu’un ongle de petit doigt.
— Il semble originaire de la première planète slay, Therapeuein. Cette pratique constitue une coutume d’accompagnement ; il exécute un rituel autour de Célina afin que son âme trouve la paix.
Comme pour confirmer les propos de Gilbert, le Slay se met à valser autour du cercueil de glace en remuant son bâton de haut en bas. La baguette s’arrête d’émettre du feu, il se pare maintenant de symboles incompréhensibles. Des petites flammes sphériques gravitent près des extrémités du morceau de bois, sans l’endommager.

La danse s’intensifie, la cérémonie se déroule visiblement en plusieurs parties. Très vite, ils doivent reculer afin d’éviter les escarbilles et les orbes incandescents qui effectuent diverses pirouettes comme animées d’une volonté personnelle. Des runes se dessinent dans les airs et plongent pour s’évanouir dans le corps de la malheureuse. Des étincelles bleutées rejoignent une grande langue de feu violacée immobilisée au-dessus de Célina. Au contact de la dépouille, les brandons explosent et forment une colonne verdâtre, sans transition, ils disparaissent tel un mirage.
— Les Slays se conforment aux conventions locales pour les vêtements, pour la nourriture, et ils adaptent leurs attitudes afin de se fondre dans le paysage. Ils s’astreignent simultanément au respect de leurs propres coutumes extraordinaires. Paradoxe incompréhensible, pour les Terraniens, les Slays arrivent à concilier leur intégration dans les planètes de l’Alliance et préservations de leurs manières de vivre. Il réside chacun dans leur patrie d’origine ; comme des étrangers de passage, ils s’acquittent de toutes leurs obligations de citoyens et en supportent toutes les charges. Ils obéissent aux lois établies de chaque état. Explique Gilbert à M.A., qui ne l’écoute guère, trop occupée à observer l’étrange chorégraphie rituelle qui s’achève.
— Si je comprends bien, l’accompagnement d’un défunt relève de ses devoirs. Interviens, Jonas.
Le Slay termine sa danse, et remarque l’Ombre.
— C’est quoi, ce truc-là, questionne-t-il ?
— Nous l’ignorons, Enema. Elle est apparue d’un seul coup, répond Jo.
L’entité esquisse un signe afin de capter l’attention du groupe.
— Elle désire nous montrer quelque chose. Regardez, Nébula m’entraine vers elle, les avertit Jonas.
La créature saisit, à l’aide de son appendice, la jambe de son ami et l’incite à avancer vers l’Ombre.
— Je pense qu’elle ne nous veut aucun mal, précise Jonas.
— Son interposition, tout à l’heure, semble accréditer cette hypothèse, surenchérit M.A. en s’adressant à l’amiral York.
— Je partage cet avis. Nous allons attendre ici, ordonne-t-il. J’ai reçu un message du bâtiment interstellaire Inverse, mon vieil ami Marcus Hopper nous annonce son arrivée imminente. Il nous prévient que les Slays se placent en orbite avec quatre vaisseaux afin d’empêcher d’autres intrusions. Au total, nous disposerons de huit navires à proximité, dont quatre Terraniens.
— Voilà une bonne nouvelle ! s’exclame Jonas enthousiaste, et pour le Burma ?
— Toujours aucune nouvelle, informe Jo.
Gilbert, avec de grandes difficultés, parvient à faire comprendre à Nébula qu’ils doivent rester là, pour l’instant. Cette dernière soupire, elle s’isole, en attendant.
* * *


Dans l’espace, le Capitaine Marcus Hopper coordonne la riposte contre les ennemis. Les trois croiseurs terraniens ciblent l’astronef le plus proche, probablement le chef d’escadre adverse. Ils tirent simultanément une seule salve, particulièrement dévastatrice. Un triple rayon d’énergie frappe la coque du navire-agresseur. Une explosion silencieuse enveloppe la nef interstellaire. Le nuage de débris vaporisés se dilue avec une lenteur paresseuse.

Le spationef pirate de tête vient d’être anéanti, sonnant comme un avertissement. Cette désintégration entraine la fuite de leurs vaisseaux. Visiblement, les insectes bluffaient, ils n’étaient pas préparés à un affrontement. La chance sourit à l’Alliance cette fois.
— Ouf, soupire Marcus. Nous avons de la veine. Nos adversaires se montrent peu teigneux aujourd’hui ! Branchez les détecteurs, recherchez d’éventuels survivants…
— Nous captons une balise de détresse au milieu de l’épave du croiseur Carrerre.
Dans le vide intersidéral, Gourry flotte entouré d’objets divers. Il baigne dans cette absence, de bruits, profonde, absolue… Un silence de mort. Il grelote et vérifie la fonction isotherme de son spatiandre. Elle assure parfaitement son rôle.

La bataille se déroule rapidement ; il observe les gerbes d’énergie convergentes et l’impact sur la coque du pirate. Des dizaines de vies se volatilisent en un instant ; aucun cri ne lui parvient. Le son ne se propage pas dans l’espace, le naufragé des étoiles le sait ; cette absence de plaintes des mourants effleure son esprit. Son spatiandre absorbe l’onde de choc consécutive à la destruction du bâtiment ennemi.
Il flotte, et admire la pureté du vide, l’estomac noué d’une appréhension diffuse. Il prend conscience de sa prodigieuse chance. Il vit, du fait, qu’il vérifiait le fonctionnement d’une capsule de sauvetage, au moment de la désintégration du Carrerre. Il quitte, par obligation, le dispositif de survie partiellement endommagé par l’explosion. Sans lui...

Une nef de secours s’approche de Gourry. L’équipe d’assistance le récupère et le rapatrie dans l’Inverse. Après un bilan médical favorable, le rescapé rejoint les quartiers qui lui sont affectés.
Gourry se place devant la glace de sa nouvelle demeure. Il vient de perdre un incalculable nombre d’amis. Des liens émotionnels empreints de respects mutuels, tissés solidement au fil du temps, se disloquent en un instant, annihilés par la mort. Un peu de lui-même se dissipe dans le néant. Il a vécu tellement d’aventures aux côtés de ses acolytes ; ils ont frôlé la fin des dizaines de fois. Il se remémore en particulier les affrontements de la guerre des Géants sur la planète GX-751. Gourry se retrouve seul à présent, il pleure, submergé par des sentiments contradictoires.
Tous savent que les Pirates n’abandonnent jamais aussi facilement. Cette attaque parait insensée et leur fuite s’avère inexplicable. Le spationef arriverait en vue de la sphère verte dans deux heures. Il risque de se passer beaucoup d’évènement en deux heures. SRX-380 joue-t-il le rôle d’un répulsif naturel et oblige-t-il les insectes à des raids éclair ? Des technologies perdues ou des minéraux extraordinaires, pourraient-ils en constituer l’origine ? Face à ces interrogations, les théories à bord de l’astronef Inverse vont bon train.

Marcus, accompagné de Charas, désire s’entretenir avec le naufragé. Le Capitaine pense que le jeune soldat, doté d’une exceptionnelle empathie, l’aidera à communiquer avec le rescapé. Ils s’annoncent, et entrent dans sa cabine.
— Tu demeures, nous le pensons, l’unique survivant, du Carrere, l’informe Marcus, sans cérémonie, afin de tester les réactions de son hôte.
Sa rage succède à sa peine. Le regard de Gourry devient froid et indifférent. Il jure d’impuissance, et se laisse tomber sur sa couchette.
_ Vous allez bien ? interroge maladroitement Charas. Gourry reste silencieux. Vous voulez consulter un psychologue ? demande le jeune soldat d’une voix hésitante.
— Un psy ? À quoi cela me servirait-il ? Ces docteurs Knock discourent sur le mécontentement. Ils pérorent que nous ne nous déclarons jamais heureux, jamais satisfaits et sur nos tracas imaginaires. Ils prétendent s’occuper de nos problèmes, en réalité nos maux se révèlent les remèdes de leurs frustrations et de leurs déséquilibres. Ils écoutent nos états d’âme et exploitent nos détresses que pour assouvir leurs propres fantasmes, réplique Gourry, avec force.
— Bien, je vois que vous retrouvez votre verve et vous me semblez en forme, s’exclame Marcus d’une voix calme. Nous désirons juste prendre de vos nouvelles. Nous nous rendons sur SRX-380 afin de sauver une de nos équipes et d’évaluer la situation sur cette planète. J’ignore votre niveau d’accréditation, sachez qu’à mon bord, je souhaite que chacun connaisse à quoi il doit s’attendre durant la mission. Nous constatons avec plaisirs que vous vous montrez d’attaque.
— Vous vous appelez...
— Le Capitaine Marcus Hopper.
— Ah ! Oui ! Le commandant de l’Inverse, le bruit court que vous êtes spécial dans votre genre.
— Ravi de l’apprendre, reprend Marcus avec un sourire amusé. Vous me parlerez de vous plus tard.

À ces mots, l’officier quitte la cabine et, dans ses pas, Charas.

A suivre, Chapitre 7 : Intrusion
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